Masturbations

Que de choses ont été écrites sur la masturbation, quel sujet visiblement préoccupant, de la réprobation totale à l’encensement …

Et rien sur ce joli mot ici ? Allons-y !

Tout le monde sait que l’onanisme, (allusion au péché d’Onan préférant perdre sa semence plutôt que d’épouser la veuve de son frère comme le voulait la tradition) est un terme qui a pris son essor au 18ème siècle. Que n’a t-on pas inventé alors pour condamner et empêcher ce qui était perçu comme une abominable pratique ? Au nom de divers principes, il fut donc inconcevable pour un homme comme pour une femme de s’accorder ce plaisir solitaire. L’interdiction fut bien intégrée dans les esprits.

Bien différente est notre époque (et notre culture aussi…) qui a compris que connaître son corps et ses réactions était source d’épanouissement sexuel. Et pourtant, je me souviens encore avoir entendu des femmes avouant ne jamais avoir tenté l’aventure, ou l’avoir fait avec beaucoup de réticence. Les mentalités changent doucement.

La pratique a bien sur toujours existé et a parfois même été encouragée pour résoudre certains petits maux. N’était-il pas sympathique ce moyen-âge qui conseillait aux femmes un massage des parties génitales pour faire passer une désagréable migraine ?

Alors point de scrupules ! Tout le monde tend à comprendre (ou presque) que c’est plutôt bon de se donner du plaisir. Les journaux prennent le relais pour conseiller Mesdames de s’y mettre gaiement. Comment en effet évoluer facilement à deux si l’on ne se connait pas déjà un peu mieux soi-même ?

Attention toutefois aux pratiques exclusives, au scénario figé impossible à retrouver en couple et bloquant alors l’accès au plaisir à deux. Il peut être nécessaire d’en parler dans ce cas. Idem pour les compulsions, addictions et excès entraînant une souffrance morale.

Mais à part cela, à vos fantasmes, petites mains et jouets si besoin pour un joli voyage … !

« C’est dans la tête … »

Cette petite phrase toute simple peut être dite par le conjoint, le médecin ou par soi-même …

Et parfois c’est tellement vrai !

Toutefois, deux aspects sont importants à repérer en matière de sexualité : la dimension organique, physique, et la dimension psychologique.

Dire que tout est dans la tête est bien dangereux, et pourtant on l’entend parfois. Certains symptômes sont majoritairement expliqués par des aspects psychologiques et je nommerai en premier les troubles du désir (ce fragile désir …) mais la première réaction doit toujours être de s’interroger sur une éventuelle cause organique.

Cela paraît évident lorsqu’il y a douleur (douleur lors la pénétration pour les femmes), un peu moins lorsqu’il y a troubles de l’érection pour un homme. Et pourtant ce symptôme s’explique aussi largement par des dysfonctionnements au niveau des nerfs, des artères, des hormones …

La baisse de libido n’est pas non plus que dans la tête . On sait par exemple que l’insuffisante imprégnation hormonale (testostérone) peut entraîner une diminution du désir, avec ou non problème d’érection.

Et comme bien souvent en sexologie (et ailleurs …) les symptômes sont généralement « multifactoriels », ce qui oblige le praticien a poser un ensemble de questions sur les différentes dimensions et amène le psychologue a proposer un rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste (gynécologue, urologue, …) pour réaliser un examen médical.

Ces compétences associées permettront de gérer au mieux le patient et son symptôme.

Alors oui, c’est parfois dans la tête mais pas seulement. Si les symptômes persistent, consultez …

L’apprentissage de la sexualité

« On ne nait pas femme, on le devient »

Cette belle citation de Simone de Beauvoir dans « Le deuxième sexe » (1949) est reprise dans l’ouvrage de Philippe Brenot « Les femmes, le sexe et l’amour »

Cette enquête fort intéressante permet de comprendre les attentes (déclarées) des femmes en matière de sexualité. Elle évoque entre autres la question de l’apprentissage de la sexualité.

Les sexologues parlent en effet souvent d’apprentissage ce qui n’est pas anodin. Comment apprendre ? Seul, peu à peu ? Au gré des rencontres ? Il fut une époque où les prostituées jouaient ce rôle de dépucelage des jeunes hommes. Les femmes découvraient cela avec leur mari, ce qui pouvait être assez limité…

Aujourd’hui on sensibilise les enfants à l’école (on ne va pas relancer le débat ici), on parle beaucoup de sexe dans les journaux, mais la sexualité et ses pratiques reste finalement un continent bien obscur. La diffusion de la pornographie n’arrange pas les choses car elle vient fausser les représentations des plus jeunes.

Les sexologues ont donc souvent dans un premier temps, un travail d’information et d’explication avant de passer à la compréhension. Chaque sexologue aura ensuite ses « techniques » en fonction de sa sensibilité et ses références théoriques.

Il est clair en tout cas qu’il est bien souvent nécessaire d’apprendre ou de réapprendre à vivre sa sexualité autrement, et cela à tout âge…

Nathalie

Après les Assises de Sexologie

Les Assises de sexologie se sont déroulées ce week-end à Marseille et cela m’a de nouveau donné envie de communiquer sur ce thème à partir d’un blog afin d’échanger sur ces thématiques.

Le blog se construira peu à peu en espérant qu’il incitera certaines personnes à témoigner et poser leurs questions.

J’aimerais insister entre autres sur les liens entre la vie professionnelle et la vie personnelle, intime. Ceci est rarement évoqué dans le cadre de la sexologie (même lors de ces Assises) et j’ai décidé il y a quelques temps de faire une étude sur ce thème pourtant très présent dans les cabinets.

Par ailleurs, la dimension artistique au sens large, sous sa forme visuelle ou musicale, me semble suffisamment importante pour l’intégrer également dans ce blog.

En espérant avoir vos commentaires et remarques, je vous dis à bientôt

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