Le changement

Changer

Passer un cap, s’extraire d’une situation difficile, s’adapter, découvrir, s’éveiller, grandir, …

Autant de mots qui me viennent à l’esprit lorsque je pense au changement.

Ce temps de passage d’une année à l’autre est propice à l’idée de « bilan », de retour sur l’année passée, de souhaits pour l’année à venir. Et parfois la conclusion s’impose : il y a quelque chose à changer.

Peut-on d’ailleurs vivre sans changer, sans s’adapter a minima au monde qui nous entoure, sans réagir aux évènements de la vie ?

Mais on ne change pas si facilement. le confort du connu – parfois très relatif – et l’inconfort de l’inconnu sont des freins puissants.

Prendre conscience de la nécessité de changer, prendre conscience de ces freins, des avantages directs ou secondaires de la situation actuelle, de nos limites puis prendre la décision d’agir pour réaliser ce changement, aussi minime soit-il, et enfin agir, concrètement, sont autant d’étapes à franchir. Et cela peut s’avérer long et difficile.

Nous ne sommes pas enfermés dans des rôles figés. C’est aussi le propre de l’humain. Nous avons la capacité de penser les choses, de les faire bouger, seul ou avec l’aide des autres, la capacité aussi d’accepter ce qui ne pourra être changé, car nous ne pouvons pas tout maîtriser.

Alors bonne introspection en ce 31 décembre si le coeur vous en dit et rendez-vous en 2016 pour une année pleine d’espoir et de réalisations !

 

Le désir et ses troubles

Le sujet étant très large, il s’agira ici de donner quelques grandes lignes sur ce désir si complexe, et ses troubles.

Il n’existe pas de définition absolue du désir, cette sensation est subjective, ce peut être une forme de pulsion, d’attirance, toutefois différente d’un instinct, variable et volatile.

Le désir a une belle origine, il vient du verbe latin desiderare, lui-même formé à partir de sidus, sideris, qui renvoie à l’astre, l’étoile, la planète, ou encore la constellation d’étoiles. Et littéralement, de-siderare signifie « cesser de contempler » (l’étoile, l’astre). Cesser de contempler pour consommer ? Cesser … ? L’absence, le manque seraient donc là dès l’origine . C’est justement sur ce point que Lacan a insisté : pas de désir sans manque ou plus précisément, le désir nait de l’écart entre le besoin et la demande.

Ce désir est fragile disait-on : en effet, un évènement, un contexte, une personne, une parole … et le désir s’effondre, temporairement, durablement. Parfois ce désir a toujours été absent et l’on parle alors de « trouble primaire ». La plupart du temps il est « secondaire ». Il peut s’agir d’un trouble généralisé, c’est à dire en toute circonstance, avec tout partenaire, ou au contraire ciblé, circonstancié.

Un trouble du désir n’est pas forcément corrélé à un trouble sexuel mais l’un peut entraîner l’autre. De même, il convient de faire la part des choses entre un trouble du désir (pour faire simple : « je n’ai pas envie ») d’un trouble de l’excitation (« je n’ai plus d’érection »).

Comme les classifications peuvent être bien pratiques, Kaplan a défini un modèle composé de 6 niveaux : Désir hyperactif, désir dans la limite supérieure normale, désir dans la limite inférieure normale, désir légèrement hypoactif, très hypoactif et cela va jusqu’à l’aversion sexuelle.

Tout ceci s’appuie sur l’existence ou non de fantaisies sexuelles, la fréquence des rapports (voire leur absence totale), la situation personnelle, etc.

Voilà qui est dit … Evidemment, cela reste un constat, une évaluation d’un trouble. Reste à trouver les causes de ce trouble : excès ou insuffisance. Mais où est l’excès, où est l’insuffisance, pour qui ? Est-ce purement subjectif ou existe-t-il une norme en la matière ? Voilà à nouveau l’émergence de questions bien délicates en sexualité.

Les premiers échanges permettront de comprendre les éléments en jeu, d’évaluer la détresse (de l’un ou des deux partenaires) et de cerner la demande. L’anamnèse sera une étape importante pour identifier les éventuels éléments déclencheurs.

Ces questions de désir sont complexes car les causes peuvent être multifactorielles, physiques et psychologiques. La prudence est de mise en matière d’interprétation.

Le désir reste une énigme, une étoile …. que l’on peut tenter d’approcher.

Identité sexuelle : quelques rappels

Compte tenu des débats actuels, il ne me parait pas inutile de revenir sur quelques notions de base en matière d’identité sexuelle. Quelques définitions tout d’abord :

l’identité sexuée est l’aboutissement logique d’une chaîne de transformations biologiques. Au départ, le sexe chromosomique (XX ou XY) détermine le sexe gonadique (gènes permettant l’apparition des ovaires ou des testicules) aboutissant enfin au sexe phénotypique, celui qui est visible à la naissance et déclaré à l’état civil.
A chaque étape peuvent apparaître des anomalies troublant cette séquence logique, et entraînant donc une distorsion entre le sexe chromosomique et le sexe phénotypique.
(Point intéressant à noter, le sexe est indifférencié jusqu’à la 7ème semaine).

En matière d’identité de genre, ce terme fait référence aux critères comportementaux, sociaux et légaux que la société conçoit comme masculin ou féminin. En effet, toutes les cultures se fondent sur une catégorisation des individus en fonction de leur sexe et assignent à ceux-ci des rôles différents.
Il n’est pas inutile de rappeler que cette identité de genre est relative puisqu’elle varie dans l’espace et dans le temps.

Généralement, l’identité de sexe et l’identité de genre sont cohérentes et convergent.

Mais une autre dimension est encore à prendre en compte : l’acquisition psychologique de l’identité sexuelle.
Le développement psychosexuel est en effet un long processus d’imitations, d’éducation, d’apprentissages à partir de représentations et de modèles que l’enfant intériorise peu à peu.
Il existe plusieurs modèles pour appréhender cette question de l’identité sexuelle. Je ne ferai que les nommer : le modèle psychanalytique évoquant la notion de bisexualité psychique, le modèle cognitiviste, le modèle de l’apprentissage social.

Devenir un individu sexué fait donc partie de la construction identitaire et prend en compte tous les aspects évoqués ci-dessus. Il s’agit de la conséquence d’une interaction complexe entre des facteurs biologiques, cognitifs et environnementaux.
Ne retenir que l’aspect physique visible reviendrait à ignorer toute la part invisible, à la fois physique, sociale et psychologique.
Garder ces notions en tête est essentiel pour éviter toute pensée simpliste.

Chaque cas est particulier

Le titre résume tout, l’idée semble basique, mais en tant que psychologue sexologue il me semble important de faire un petit « focus » sur ce point.

Chacun peut être pris dans des généralisations. D’ailleurs n’entendons-nous pas à longueur de journée : « les hommes sont comme ceci », « les femmes font comme cela », « les psy sont toujours … », « les médecins sont tous … », « les français sont absolument râleurs » etc.  Le tout peut être soutenu par moult démonstrations « scientifiques ».

Le risque est d’appliquer cela au cours de consultations et d’apporter uniquement des solutions « techniques » sans rechercher la spécificité du problème, sans prendre un peu de temps pour penser. Un « bug », une solution. C’est rapide et semble efficace à première vue.

Au milieu de tout ceci, s’élève toujours des voix pour dire qu’il est urgent de prendre l’individu comme sujet unique : écoutons-le dans ses spécificités. Son histoire est différente de la mienne, de la vôtre, du voisin, et du prochain patient. Certes il s’agit d’un être humain avec un cerveau droit et gauche, un corps constitué d’organes et nous obéissons indéniablement à quelques grandes règles de base.

Mais la multiplicité des facteurs « construisant » chacun d’entre nous est telle qu’il est absurde d’envisager une seule explication possible, une loi absolue, un système unique.

Cela incite au doute, à la modestie et à l’ouverture en matière d’accompagnement.

Pour appréhender cette complexité humaine, pour amener l’autre à se comprendre en tant qu’individu unique, il faut un peu de temps, le temps de penser un peu.