Journée mondiale de l’orgasme !

Il parait que demain, lundi 22 décembre, c’est la journée mondiale de l’orgasme.

Après tout, pourquoi pas !? Mais ceux qui n’en ont jamais, que font-ils, et ceux qui n’en n’ont plus depuis bien longtemps … ? N’est-ce pas encore une façon de présenter l’orgasme comme norme à atteindre ?

Apparemment, cette journée et a été créée le 22 décembre 2006 par deux pacifistes américains, Donna Sheehan et Paul Reffell, à l’origine de la « fondation global orgasm ».

N’ayant pas encore eu l’occasion de m’y plonger (dans la découverte de la-dite fondation), je ne donnerai pas d’avis. En tous cas, après la journée de la gentillesse, la journée de l’orgasme ! Alors profitez-en si vous le pouvez.

Le désir et ses troubles

Le sujet étant très large, il s’agira ici de donner quelques grandes lignes sur ce désir si complexe, et ses troubles.

Il n’existe pas de définition absolue du désir, cette sensation est subjective, ce peut être une forme de pulsion, d’attirance, toutefois différente d’un instinct, variable et volatile.

Le désir a une belle origine, il vient du verbe latin desiderare, lui-même formé à partir de sidus, sideris, qui renvoie à l’astre, l’étoile, la planète, ou encore la constellation d’étoiles. Et littéralement, de-siderare signifie « cesser de contempler » (l’étoile, l’astre). Cesser de contempler pour consommer ? Cesser … ? L’absence, le manque seraient donc là dès l’origine . C’est justement sur ce point que Lacan a insisté : pas de désir sans manque ou plus précisément, le désir nait de l’écart entre le besoin et la demande.

Ce désir est fragile disait-on : en effet, un évènement, un contexte, une personne, une parole … et le désir s’effondre, temporairement, durablement. Parfois ce désir a toujours été absent et l’on parle alors de « trouble primaire ». La plupart du temps il est « secondaire ». Il peut s’agir d’un trouble généralisé, c’est à dire en toute circonstance, avec tout partenaire, ou au contraire ciblé, circonstancié.

Un trouble du désir n’est pas forcément corrélé à un trouble sexuel mais l’un peut entraîner l’autre. De même, il convient de faire la part des choses entre un trouble du désir (pour faire simple : « je n’ai pas envie ») d’un trouble de l’excitation (« je n’ai plus d’érection »).

Comme les classifications peuvent être bien pratiques, Kaplan a défini un modèle composé de 6 niveaux : Désir hyperactif, désir dans la limite supérieure normale, désir dans la limite inférieure normale, désir légèrement hypoactif, très hypoactif et cela va jusqu’à l’aversion sexuelle.

Tout ceci s’appuie sur l’existence ou non de fantaisies sexuelles, la fréquence des rapports (voire leur absence totale), la situation personnelle, etc.

Voilà qui est dit … Evidemment, cela reste un constat, une évaluation d’un trouble. Reste à trouver les causes de ce trouble : excès ou insuffisance. Mais où est l’excès, où est l’insuffisance, pour qui ? Est-ce purement subjectif ou existe-t-il une norme en la matière ? Voilà à nouveau l’émergence de questions bien délicates en sexualité.

Les premiers échanges permettront de comprendre les éléments en jeu, d’évaluer la détresse (de l’un ou des deux partenaires) et de cerner la demande. L’anamnèse sera une étape importante pour identifier les éventuels éléments déclencheurs.

Ces questions de désir sont complexes car les causes peuvent être multifactorielles, physiques et psychologiques. La prudence est de mise en matière d’interprétation.

Le désir reste une énigme, une étoile …. que l’on peut tenter d’approcher.

Santé sexuelle

Le concept de « Santé sexuelle » n’a pas été une évidence, loin de là.
Il a fallu attendre les années de libération sexuelle (68 en particulier) pour que l’on conçoive l’existence d’un droit à la Santé sexuelle, intégré aux Droits de l’homme. En 1975, c’est le concept même de Santé sexuelle qui apparaît.
Le regard sur la sexualité évolue, son droit aussi.
Ainsi, peu à peu, sort-on de la conception procréatrice et morale, pour envisager un droit à la sexualité.

C’est finalement dans les années 90, lors des Conférences des Droits de l’homme, qu’un Droit à une vie sexuelle sera abordé.
Enfin, une définition précise est rédigée en 2002, définition toujours actuelle :

« La Santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et dans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence. »

On y retrouve un trio fréquemment évoqué en matière de sexualité : la dimension physique, mentale et sociale.

Un ensemble de points fondamentaux sont donc abordés ici : la sexualité sous son angle jouissif mais aussi reproductif, s’accorde avec une éthique personnelle et sociale. Cette sexualité est délivrée de la honte, de la culpabilité et des fausses croyances (dimension éclairée de la sexualité). Cette sexualité nécessite également l’absence de troubles et dysfonctionnements organiques.

C’est ainsi que ce concept de santé sexuelle pose la question du droit à la sexualité, en tant que droit individuel.

De même, ce droit génère des devoirs, en particulier devoir de la société à l’égard de l’individu.

Comment faire vivre ce droit, jusqu’où aller ?
Cela n’est pas sans soulever nombre de questionnements passionnants.

Pour en savoir plus sur la Déclaration des droits sexuels (selon la WAS), vous pouvez consulter la Chaire de Santé Sexuelle et Droits Humains de l’UNESCO

Mondial et sexe

Voilà un sujet d’actualité !

Le mondial favorise t-il le sexe au sein du couple ou donne t-il un coup d’arrêt à cette activité sexuelle ? Il faudrait lancer un sondage …

Certains vont profiter de cette occasion pour se détendre et « fêter » la victoire de l’équipe préférée en fin de soirée.

D’autres vont se retrouver chacun de leur côté : l’occasion pour l’un ou l’autre de sortir avec les amis / amies. Mais côté sexe, ce n’est pas ça …  début de match à 18h puis 22h, prolongations éventuelles … le match et la soirée se terminent trop tard pour permettre quoique ce soit car on travaille le lendemain. Et puis on ne vibre pas toujours à l’unisson … l’enthousiasme pour le petit ballon rond et les ambiances sportives n’est pas forcément contagieux. Alors cela peut éloigner un peu l’un et l’autre.

Certes, cela revient tous les 4 ans alors il n’ y a pas de quoi se plaindre.

Certains pourront toutefois regretter que cela arrive fin juin, au moment où les longues soirées incitent à la détente, au plein air, aux promenades le soir, au son des hirondelles, au romantisme, à la sensualité de ces douces soirées.

A suivre …

Masturbations

Que de choses ont été écrites sur la masturbation, quel sujet visiblement préoccupant, de la réprobation totale à l’encensement …

Et rien sur ce joli mot ici ? Allons-y !

Tout le monde sait que l’onanisme, (allusion au péché d’Onan préférant perdre sa semence plutôt que d’épouser la veuve de son frère comme le voulait la tradition) est un terme qui a pris son essor au 18ème siècle. Que n’a t-on pas inventé alors pour condamner et empêcher ce qui était perçu comme une abominable pratique ? Au nom de divers principes, il fut donc inconcevable pour un homme comme pour une femme de s’accorder ce plaisir solitaire. L’interdiction fut bien intégrée dans les esprits.

Bien différente est notre époque (et notre culture aussi…) qui a compris que connaître son corps et ses réactions était source d’épanouissement sexuel. Et pourtant, je me souviens encore avoir entendu des femmes avouant ne jamais avoir tenté l’aventure, ou l’avoir fait avec beaucoup de réticence. Les mentalités changent doucement.

La pratique a bien sur toujours existé et a parfois même été encouragée pour résoudre certains petits maux. N’était-il pas sympathique ce moyen-âge qui conseillait aux femmes un massage des parties génitales pour faire passer une désagréable migraine ?

Alors point de scrupules ! Tout le monde tend à comprendre (ou presque) que c’est plutôt bon de se donner du plaisir. Les journaux prennent le relais pour conseiller Mesdames de s’y mettre gaiement. Comment en effet évoluer facilement à deux si l’on ne se connait pas déjà un peu mieux soi-même ?

Attention toutefois aux pratiques exclusives, au scénario figé impossible à retrouver en couple et bloquant alors l’accès au plaisir à deux. Il peut être nécessaire d’en parler dans ce cas. Idem pour les compulsions, addictions et excès entraînant une souffrance morale.

Mais à part cela, à vos fantasmes, petites mains et jouets si besoin pour un joli voyage … !

Sexe et couple

« Le sexe : c’est le deuxième outil du couple pour son rapprochement, une fonction qui doit être partagée pour être pleinement vécue »

« Avez-vous la même conception de la sexualité, des désirs comparables ou complémentaires, et une maturation érotique suffisante ? Il n’y a pas de norme en matière de sexualité , mais plutôt des niveaux de maturation et d’exigence personnelle, qui sont parfois proches, parfois incompatibles. Le point d’achoppement le plus habituel est une illusion sur la fréquence des rapports : « Il voudrait tous les jours et moi je suis bien sans ça ». Cette fréquence alléguée par les hommes comme un besoin recouvre d’autres réalités : la méconnaissance de la sexualité en tant qu’aboutissement relationnel et non comme assouvissement personnel, méconnaissance aussi de la nature du désir et du ressenti féminin. Si le dialogue est conflictuel voire impossible sur cette question intime, il est assez simple de consulter un sexologue, médecin ou non, formé à cette compréhension. Il permettra dans la plupart des cas de dépasser ce malentendu. »

Extrait de « Inventer le couple » – Philippe BRENOT – Odile Jacob – 2003 – p 196

« C’est dans la tête … »

Cette petite phrase toute simple peut être dite par le conjoint, le médecin ou par soi-même …

Et parfois c’est tellement vrai !

Toutefois, deux aspects sont importants à repérer en matière de sexualité : la dimension organique, physique, et la dimension psychologique.

Dire que tout est dans la tête est bien dangereux, et pourtant on l’entend parfois. Certains symptômes sont majoritairement expliqués par des aspects psychologiques et je nommerai en premier les troubles du désir (ce fragile désir …) mais la première réaction doit toujours être de s’interroger sur une éventuelle cause organique.

Cela paraît évident lorsqu’il y a douleur (douleur lors la pénétration pour les femmes), un peu moins lorsqu’il y a troubles de l’érection pour un homme. Et pourtant ce symptôme s’explique aussi largement par des dysfonctionnements au niveau des nerfs, des artères, des hormones …

La baisse de libido n’est pas non plus que dans la tête . On sait par exemple que l’insuffisante imprégnation hormonale (testostérone) peut entraîner une diminution du désir, avec ou non problème d’érection.

Et comme bien souvent en sexologie (et ailleurs …) les symptômes sont généralement « multifactoriels », ce qui oblige le praticien a poser un ensemble de questions sur les différentes dimensions et amène le psychologue a proposer un rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste (gynécologue, urologue, …) pour réaliser un examen médical.

Ces compétences associées permettront de gérer au mieux le patient et son symptôme.

Alors oui, c’est parfois dans la tête mais pas seulement. Si les symptômes persistent, consultez …

Eloge de l’érotisme

Eros, Dieu de l’amour, a donné aux hommes sa « science » : l’érotisme.

Eros éveille Psyché, la belle endormie.

Erotisme, esthétisme, esprit … trois E qui vont bien ensemble.

L’érotisme se passe dans la tête et se nourrit d’un petit rien. L’érotisme est à la fois subtil et sublime. Il use du charme, avec tact et doigté.

Il transporte au delà des corps et pousse les limites. Il recherche le raffinement et non le vulgaire même si parfois il brouille les pistes entre les deux. Il séduit, encore et encore.

L’érotisme flirte avec la jouissance, cette jouissance que chacun recherche, cette explosion de sensations.

Mais avant cela, l’érotisme est lié à l’éveil des sens, au désir.

Le désir, rappelons-le, se nourrit des expériences antérieures, il se souvient des gratifications passées. Ce désir est l’anticipation du plaisir. L’érotisme est le compagnon du désir.

En sexologie, nous parlons de « potentiel érotique », afin d’évaluer ce potentiel au passé, au présent et à l’avenir.

Quelle est votre conception de la sexualité, quelle place celle-ci va-t-elle prendre dans votre vie ? Comment concilier cette conception et celle de votre partenaire ?

Et quelle place donnez-vous au jeu, à la créativité, à l’humour ?

Eros et Psyche par C. G. Kratzenstein-Stub, 1793-1860

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