Art plutôt que science

C’est en lisant un article sur le management que m’est venue l’idée de rédiger ce texte.

Du management au sexe … quel cheminement a donc fait ma pensée ?

Je lisais que le management est « art plutôt que science ». En ce sens, il ne pourrait être enseigné. Le mode d’apprentissage du management n’est pas intellectuel, il se fait à travers la pratique, l’action et l’expérience.

Bref, en aucun cas, le management ne se réduit à un ensemble de techniques. La maîtrise totale, en matière de relations humaines, n’est pas crédible, il n’y a pas de méthode et de solution miracles.

Et il en est de même pour la sexualité bien sur. Certes, il y a la présence du corps et ses dysfonctionnements. La science médicale est donc essentielle mais la relation sexuelle va au-delà de ce corps.

Comme le management, la relation sexuelle est un art au sens ou cela requiert l’écoute, l’esprit de finesse, le sens des situations, l’imagination. Mais cela nécessite aussi un apprentissage, un vécu, un savoir-faire acquis par la pratique, non pas de manière répétitive, mais de manière intelligente,  réfléchie, sensible.

En conclusion, je citerai deux auteurs :

Cette simple phrase d’Honoré de Balzac : « L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi » (in La Recherche de l’absolu).

mais aussi Georges Braque : « L’art est fait pour troubler. La science rassure. » (in Le Jour et la Nuit, Gallimard)

A méditer …

Identité sexuelle : quelques rappels

Compte tenu des débats actuels, il ne me parait pas inutile de revenir sur quelques notions de base en matière d’identité sexuelle. Quelques définitions tout d’abord :

l’identité sexuée est l’aboutissement logique d’une chaîne de transformations biologiques. Au départ, le sexe chromosomique (XX ou XY) détermine le sexe gonadique (gènes permettant l’apparition des ovaires ou des testicules) aboutissant enfin au sexe phénotypique, celui qui est visible à la naissance et déclaré à l’état civil.
A chaque étape peuvent apparaître des anomalies troublant cette séquence logique, et entraînant donc une distorsion entre le sexe chromosomique et le sexe phénotypique.
(Point intéressant à noter, le sexe est indifférencié jusqu’à la 7ème semaine).

En matière d’identité de genre, ce terme fait référence aux critères comportementaux, sociaux et légaux que la société conçoit comme masculin ou féminin. En effet, toutes les cultures se fondent sur une catégorisation des individus en fonction de leur sexe et assignent à ceux-ci des rôles différents.
Il n’est pas inutile de rappeler que cette identité de genre est relative puisqu’elle varie dans l’espace et dans le temps.

Généralement, l’identité de sexe et l’identité de genre sont cohérentes et convergent.

Mais une autre dimension est encore à prendre en compte : l’acquisition psychologique de l’identité sexuelle.
Le développement psychosexuel est en effet un long processus d’imitations, d’éducation, d’apprentissages à partir de représentations et de modèles que l’enfant intériorise peu à peu.
Il existe plusieurs modèles pour appréhender cette question de l’identité sexuelle. Je ne ferai que les nommer : le modèle psychanalytique évoquant la notion de bisexualité psychique, le modèle cognitiviste, le modèle de l’apprentissage social.

Devenir un individu sexué fait donc partie de la construction identitaire et prend en compte tous les aspects évoqués ci-dessus. Il s’agit de la conséquence d’une interaction complexe entre des facteurs biologiques, cognitifs et environnementaux.
Ne retenir que l’aspect physique visible reviendrait à ignorer toute la part invisible, à la fois physique, sociale et psychologique.
Garder ces notions en tête est essentiel pour éviter toute pensée simpliste.

Santé sexuelle

Le concept de « Santé sexuelle » n’a pas été une évidence, loin de là.
Il a fallu attendre les années de libération sexuelle (68 en particulier) pour que l’on conçoive l’existence d’un droit à la Santé sexuelle, intégré aux Droits de l’homme. En 1975, c’est le concept même de Santé sexuelle qui apparaît.
Le regard sur la sexualité évolue, son droit aussi.
Ainsi, peu à peu, sort-on de la conception procréatrice et morale, pour envisager un droit à la sexualité.

C’est finalement dans les années 90, lors des Conférences des Droits de l’homme, qu’un Droit à une vie sexuelle sera abordé.
Enfin, une définition précise est rédigée en 2002, définition toujours actuelle :

« La Santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et dans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence. »

On y retrouve un trio fréquemment évoqué en matière de sexualité : la dimension physique, mentale et sociale.

Un ensemble de points fondamentaux sont donc abordés ici : la sexualité sous son angle jouissif mais aussi reproductif, s’accorde avec une éthique personnelle et sociale. Cette sexualité est délivrée de la honte, de la culpabilité et des fausses croyances (dimension éclairée de la sexualité). Cette sexualité nécessite également l’absence de troubles et dysfonctionnements organiques.

C’est ainsi que ce concept de santé sexuelle pose la question du droit à la sexualité, en tant que droit individuel.

De même, ce droit génère des devoirs, en particulier devoir de la société à l’égard de l’individu.

Comment faire vivre ce droit, jusqu’où aller ?
Cela n’est pas sans soulever nombre de questionnements passionnants.

Pour en savoir plus sur la Déclaration des droits sexuels (selon la WAS), vous pouvez consulter la Chaire de Santé Sexuelle et Droits Humains de l’UNESCO

Mondial et sexe

Voilà un sujet d’actualité !

Le mondial favorise t-il le sexe au sein du couple ou donne t-il un coup d’arrêt à cette activité sexuelle ? Il faudrait lancer un sondage …

Certains vont profiter de cette occasion pour se détendre et « fêter » la victoire de l’équipe préférée en fin de soirée.

D’autres vont se retrouver chacun de leur côté : l’occasion pour l’un ou l’autre de sortir avec les amis / amies. Mais côté sexe, ce n’est pas ça …  début de match à 18h puis 22h, prolongations éventuelles … le match et la soirée se terminent trop tard pour permettre quoique ce soit car on travaille le lendemain. Et puis on ne vibre pas toujours à l’unisson … l’enthousiasme pour le petit ballon rond et les ambiances sportives n’est pas forcément contagieux. Alors cela peut éloigner un peu l’un et l’autre.

Certes, cela revient tous les 4 ans alors il n’ y a pas de quoi se plaindre.

Certains pourront toutefois regretter que cela arrive fin juin, au moment où les longues soirées incitent à la détente, au plein air, aux promenades le soir, au son des hirondelles, au romantisme, à la sensualité de ces douces soirées.

A suivre …

Masturbations

Que de choses ont été écrites sur la masturbation, quel sujet visiblement préoccupant, de la réprobation totale à l’encensement …

Et rien sur ce joli mot ici ? Allons-y !

Tout le monde sait que l’onanisme, (allusion au péché d’Onan préférant perdre sa semence plutôt que d’épouser la veuve de son frère comme le voulait la tradition) est un terme qui a pris son essor au 18ème siècle. Que n’a t-on pas inventé alors pour condamner et empêcher ce qui était perçu comme une abominable pratique ? Au nom de divers principes, il fut donc inconcevable pour un homme comme pour une femme de s’accorder ce plaisir solitaire. L’interdiction fut bien intégrée dans les esprits.

Bien différente est notre époque (et notre culture aussi…) qui a compris que connaître son corps et ses réactions était source d’épanouissement sexuel. Et pourtant, je me souviens encore avoir entendu des femmes avouant ne jamais avoir tenté l’aventure, ou l’avoir fait avec beaucoup de réticence. Les mentalités changent doucement.

La pratique a bien sur toujours existé et a parfois même été encouragée pour résoudre certains petits maux. N’était-il pas sympathique ce moyen-âge qui conseillait aux femmes un massage des parties génitales pour faire passer une désagréable migraine ?

Alors point de scrupules ! Tout le monde tend à comprendre (ou presque) que c’est plutôt bon de se donner du plaisir. Les journaux prennent le relais pour conseiller Mesdames de s’y mettre gaiement. Comment en effet évoluer facilement à deux si l’on ne se connait pas déjà un peu mieux soi-même ?

Attention toutefois aux pratiques exclusives, au scénario figé impossible à retrouver en couple et bloquant alors l’accès au plaisir à deux. Il peut être nécessaire d’en parler dans ce cas. Idem pour les compulsions, addictions et excès entraînant une souffrance morale.

Mais à part cela, à vos fantasmes, petites mains et jouets si besoin pour un joli voyage … !

Sexe et couple

« Le sexe : c’est le deuxième outil du couple pour son rapprochement, une fonction qui doit être partagée pour être pleinement vécue »

« Avez-vous la même conception de la sexualité, des désirs comparables ou complémentaires, et une maturation érotique suffisante ? Il n’y a pas de norme en matière de sexualité , mais plutôt des niveaux de maturation et d’exigence personnelle, qui sont parfois proches, parfois incompatibles. Le point d’achoppement le plus habituel est une illusion sur la fréquence des rapports : « Il voudrait tous les jours et moi je suis bien sans ça ». Cette fréquence alléguée par les hommes comme un besoin recouvre d’autres réalités : la méconnaissance de la sexualité en tant qu’aboutissement relationnel et non comme assouvissement personnel, méconnaissance aussi de la nature du désir et du ressenti féminin. Si le dialogue est conflictuel voire impossible sur cette question intime, il est assez simple de consulter un sexologue, médecin ou non, formé à cette compréhension. Il permettra dans la plupart des cas de dépasser ce malentendu. »

Extrait de « Inventer le couple » – Philippe BRENOT – Odile Jacob – 2003 – p 196

Après les Assises de Sexologie

Les Assises de sexologie se sont déroulées ce week-end à Marseille et cela m’a de nouveau donné envie de communiquer sur ce thème à partir d’un blog afin d’échanger sur ces thématiques.

Le blog se construira peu à peu en espérant qu’il incitera certaines personnes à témoigner et poser leurs questions.

J’aimerais insister entre autres sur les liens entre la vie professionnelle et la vie personnelle, intime. Ceci est rarement évoqué dans le cadre de la sexologie (même lors de ces Assises) et j’ai décidé il y a quelques temps de faire une étude sur ce thème pourtant très présent dans les cabinets.

Par ailleurs, la dimension artistique au sens large, sous sa forme visuelle ou musicale, me semble suffisamment importante pour l’intégrer également dans ce blog.

En espérant avoir vos commentaires et remarques, je vous dis à bientôt

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